09.11.2009
Rétrofuturisme: La vie électrique d'Albert Robida
Albert Robida, né à Compiègne en 1848 et mort à Neuilly-sur-scène en 1926 est un dessinateur, lithographe, aquafortiste, caricaturiste, journaliste et romancier français.
Fils d'un menuisier, il étudie pour devenir notaire, mais dans l'ennui de telles études, il s'adonne à la caricature. En 1866, il dessine au Journal Amusant puis dans diverses revues. En 1880, avec l'éditeur George Decaux, il fonde sa propre revue, La Caricature, qu'il dirige pendant douze ans et dans laquelle Caran d'Ache, Louis Morin, Ferdinand Bac, Job, Maurice Radiguet (le père de Raymond Radiguet) font leurs débuts. Il illustre des guides touristiques, des ouvrages de vulgarisation historique, des classiques littéraires : Villon, Rabelais, Cervantes, Swift, Shakespeare, Les Cent contes drolatiques d'Honoré de Balzac, les Mille et une nuits. Il fait aussi dans un registre plus léger avec une histoire des maisons closes. Sa renommée s'éclipse quelque temps après la Première Guerre mondiale.
Albert Robida a été redécouvert grâce à sa trilogie d'anticipation :
- Le Vingtième Siècle (1883)
- La Guerre au vingtième siècle (1887)
- Le Vingtième Siècle. La vie électrique (1890).

Ces ouvrages font de lui un autre Jules Verne, souvent plus audacieux. Contrairement à Jules Verne, il propose des inventions intégrées à la vie courante et non des créations de savants fous. Et chaque fois, il imagine les développements sociaux qui découlent de ses inventions, souvent avec justesse : promotion sociale des femmes (qu'il voit électrices/éligibles, portant le pantalon, fumant, médecins, notaires ou avocates), tourisme de masse, pollution. En 1869, déjà, Robida fait une œuvre d'anticipation avec sa bande dessinée La Guerre au vingtième siècle, campagne de Jujubie, qui décrit la guerre moderne, à base de missiles robotisés et de gaz asphyxiants.

La guerre miasmatique.

Il invente ainsi le téléphonoscope, (ci-dessous) un écran plat mural qui diffuse les dernières informations à toute heure du jour et de la nuit, les dernières pièces de théâtre, des cours et des téléconférences.


04:16 Publié dans Arts et graphisme, Histoire, Science | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : albert robida, illustration, rétrofuturisme |
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Commentaires
Génial.
Soit notre Leonard de Vinci français était visionnaire soit il avait du flux rss et savait tout avant les autres!
Ecrit par : Mic | 09.11.2009
Et si Robida était venu du futur...
Je connaissais le nom mais n'avais pas pu accéder à l'œuvre. (Puis on oublie.) C'est désormais possible en partie. Merci Titam !
Dommage pour L'Horloge des siècles que j'aurais lu volontiers... Pour finir, À rebrousse-temps de P.K. Dick est un bouquin sympa mais qui lui a quelque peu échappé. En revanche, proche de cette thématique d'un temps qui régresse, le chef-d'œuvre c'est Ubik.
Ecrit par : Phil | 09.11.2009
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