16.11.2009
Vitrines communistes
David Hlynsky est photographe. Entre 1986 et 1990, il a pris environ 8000 photos couleurs dans les rues de l'Europe communiste. Il a délibérement omis les moments dramatiques, les évènements dignes de figurer à la une des journaux. Dans un paysage urbain où la séduction commerciale n'existe pas, il s'est consentré sur la banalité du quotidien, dont ces vitrines. Elles lui semblaient emblématiques de toute la différence entre l'Est et l'Ouest: des rues "neutres", sans les publicités outrancières occidentales.
But the East Bloc windows I photographed were far from bankrupt. Yes, they were unpretentious, naive and seemed ironic. But they also contained an inventory of our most common human needs. That alone ought to have brought us together.





Pour voir toute l'exposition virtuelle, c'est par là: http://www.davidhlynsky.com/WindowShopMain.html.
00:02 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : union soviétique, communisme |
|
Digg
13.11.2009
Guillaume Duchenne de Boulogne
Guillaume-Benjamin Duchenne, surnommé Duchenne de Boulogne (17 septembre 1806 à Boulogne-sur-Mer - 15 septembre 1875 à Paris), est un médecin neurologiste français. C'est l’un des plus grands cliniciens du XIXe siècle et le fondateur de la neurologie.
Il fait ses études secondaires à Douai, étudie la médecine à Paris et retourne en 1831 dans sa ville natale pour y exercer sa profession. En 1833, il expérimente l'usage thérapeutique de l'électricité sur les pêcheurs. En 1842, il s'établit à Paris où il passe le reste de sa vie à développer les applications cliniques de l'électricité. Médecin sans statut hospitalier officiel, il impressionne par la rigueur de ses expériences, ce qui lui vaut de la part de Jean-Martin Charcot le titre de « maître ».
Duchenne est un pionnier dans l’utilisation de l’électricité comme instrument d'expérimentations physiologiques. L’usage du courant alternatif lui permet de stimuler avec précision un seul faisceau musculaire à la fois. Grâce à cette technique, il décrit plusieurs affections et localise leur origine, comme c’est le cas d’une forme d’atrophie musculaire qui porte aujourd’hui son nom, (la myopathie de Duchenne, et du tabès. Il travaille également sur la poliomyélite, individualise pour la première fois chacun des muscles de la face et inaugure la technique de la biopsie en inventant un instrument permettant de prélever des échantillons de tissu à l'intérieur du corps.
Ses expérimentations électriques lui permettent de conclure qu'un vrai sourire de bonheur est formé non seulement par les muscles buccaux mais aussi par les muscles oculaires. De tels sourires « authentiques » sont nommés « sourires de Duchenne » en son honneur.
Sa grande originalité est d'avoir aussi eu un souci artistique. Photographe, il a méticuleusement recensé toutes les expressions possibles du visage en se servant comme modèle, ou cobaye, d'un homme aux traits paralysés. C'est à l'aide de l'électricité que les expressions étaient obtenues.
Guillaume Duchenne et son patient.
Duchenne déclenchant une expression de frayeur par la stimulation électrique.
Sa contribution majeure repose dans le recours à la faradisation localisée: l'usage d'un courant alternatif appliqué à l'aide de rhéophores, avec suffisamment de précision pour ne stimuler qu'un faisceau musculaire à la fois. Ainsi qu'il le précise dans un mémoire de 1847, cette procédure ne doit ni "piquer, ni inciser la peau". Remplaçant le scalpel de l'anatomiste par le courant électrique, usant de l'électricité comme d'un instrument d'investigation physiologique plutôt que comme d'un outil thérapeutique (sa fonction usuelle au début du XIXe siècle), il crée une "anatomie du vivant" et produit des résultats significatifs: l'explication de l'origine de certains troubles musculaires par la localisation au sein du faisceau fibreux, et non pas une lésion neurologique, hypothèse alors couramment admise; la description de l'une de ces affections, une forme d'atrophie musculaire: la myopathie de Duchenne; et, pour la première fois, l'individualisation de chacun des muscles de la face et leur contribution à l'expression du visage. Source
Stimulation électrique de profil.
Planche de la Mécanisme de la physionomie humaine de Guillaume-Benjamin Duchenne montrant une série d'expressions faciales déclenchées par des stimulations électriques.
C'est à partir de 1852 que Duchenne devait adjoindre à l'usage de l'électricité celui de la photographie, pour enregistrer, d'abord avec l'aide d'Adrien Tournachon, les résultats de ses faradisations. Publiées en 1862 dans Le Mécanisme de la physionomie humaine, ou analyse électro-physiologique de l'expression des passions, ces images surprenantes furent intégrées à l'éducation des artistes pour corriger les défauts de la représentation des passions, et adaptées par Darwin pour illustrer son ouvrage sur l'expression humaine et animale. Source
Ressources complémentaires
03:33 Publié dans Histoire, Science | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : guillaume duchenne, neurologie |
|
Digg
12.11.2009
Aimer ses chaussures

Voici une malle sur mesure faite entre 1914–19 pour Rita de Acosta Lydig (1880–1929), une personnalité mondaine de New York. Elle contient des chaussures créées par Pietro Yantorny (Italien, 1874–1936). Rita avait commandé plusieurs centaines de paires chez ce chausseur, qui était à la fois le curateur des chaussures du Musée de Cluny à Paris, ainsi qu'un artisan très doué. Les exemples de cette malle sont dans un style Louis XV exagéré.

Voici des exemples de chaussures créées par Yantorny:



02:34 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : chaussures, pietro yantorny |
|
Digg
11.11.2009
De la brièveté de la vie
Voici une allégorie sur la brièveté de la vie. Ce genre d'illustrations était très courant au 15ème siècle, comme les memento mori, et autres vanités. Pour le chrétien, la perspective de la mort sert à souligner la vanité et la fugacité des plaisirs, du luxe, et des réalisations terrestres, et devient ainsi une invitation à concentrer ses pensées sur la perspective de la vie après la mort.
Cette gravure traite particulièrement du sujet: Au centre, Moïse tient les Tables de la Loi pour mettre en avant les 10 commandements comme guide unique pour le salut de l'âme. En dessous, un cadavre mollement alangui dans son enfeu achève de se décomposer grâce au rat qui lui sort des entrailles et au ver qui lui chatouille la face. Trois crânes encadrent la pièce, dont l'un maculé de sang. Les inscriptions sur les banderoles renforcent l'impression générale.
Bref, du grand art.
04:27 Publié dans Arts et graphisme, Histoire | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
| Tags : mort, art médiéval |
|
Digg
Londres en 1927 en couleurs
Vidéo via The Presurfer, le 10 novembre 2009.
Voici un film tourné en 1926 en couleurs, et qui montre la ville de Londres telle qu'elle était alors. Cette séquence est tirée de "The Open Roads", une collection de petits films en couleurs montrant l'Angleterre des années 1920. Il a été réalisé par Claude Friese-Greene, directeur de la photographie, producteur et réalisateur britannique né en 1898 décédé en 1943. Il est le fils d'un pionnier du cinéma William Friese-Greene.
Le principe est celui du Biocolour. Pour en savoir plus:
- Who was Claude Friese-Greene? BBC History
- Claude Friese-Greene's Colour Process BBC History
Il existe d'autres vidéos, notamment celle-ci tournée en Ecosse, avec des vrais morceaux d'écossais dedans:
04:07 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : londres, années 1920 |
|
Digg
Aquamanile
Un aquamanile est une sorte de cruche, de broc, destiné au lavage des mains, soit lors des actions liturgiques (il est alors principalement en métal ou en bronze), soit dans la vie courante (il est alors fabriqué en céramique). Il prend généralement des formes animales. Les aquamaniles sont apparus en Orient, puis ont été assimilés en Europe au début du Moyen Âge. Leur utilisation connaît un apogée dans le Moyen Âge tardif.

Cet aquamanile date de la fin du 14ème siècle, et provient des Pays-Bas. Il représente l'histoire d'un Aristote vieillissant humilié par la belle Phyllis. Aristote, agacé par l'attitude peu studieuse de son élève Alexandre, qui était épris de Phyllis, fit tout pour séparer les amants. Pour se venger, Phyllis séduisit Aristote en se promettant à lui s'il se laissait chevaucher par elle. Alexandre vit la scène, et Aristote fut humilié. Mais! retombant sur ses pieds, Aristote déclara à Alexandre que si un philosophe aussi sage que lui s'était laissé prendre au jeu du désir, un étudiant bien moins expérimenté devrait faire encore plus attention.

Source: Metropolitan Museum of Art
02:40 Publié dans Arts et graphisme, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : aquamanile |
|
Digg
10.11.2009
Armure

04:12 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : armure |
|
Digg
Maria Callas en cuisine
03:47 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : maria callas |
|
Digg
09.11.2009
Rétrofuturisme: La vie électrique d'Albert Robida
Albert Robida, né à Compiègne en 1848 et mort à Neuilly-sur-scène en 1926 est un dessinateur, lithographe, aquafortiste, caricaturiste, journaliste et romancier français.
Fils d'un menuisier, il étudie pour devenir notaire, mais dans l'ennui de telles études, il s'adonne à la caricature. En 1866, il dessine au Journal Amusant puis dans diverses revues. En 1880, avec l'éditeur George Decaux, il fonde sa propre revue, La Caricature, qu'il dirige pendant douze ans et dans laquelle Caran d'Ache, Louis Morin, Ferdinand Bac, Job, Maurice Radiguet (le père de Raymond Radiguet) font leurs débuts. Il illustre des guides touristiques, des ouvrages de vulgarisation historique, des classiques littéraires : Villon, Rabelais, Cervantes, Swift, Shakespeare, Les Cent contes drolatiques d'Honoré de Balzac, les Mille et une nuits. Il fait aussi dans un registre plus léger avec une histoire des maisons closes. Sa renommée s'éclipse quelque temps après la Première Guerre mondiale.
Albert Robida a été redécouvert grâce à sa trilogie d'anticipation :
- Le Vingtième Siècle (1883)
- La Guerre au vingtième siècle (1887)
- Le Vingtième Siècle. La vie électrique (1890).

Ces ouvrages font de lui un autre Jules Verne, souvent plus audacieux. Contrairement à Jules Verne, il propose des inventions intégrées à la vie courante et non des créations de savants fous. Et chaque fois, il imagine les développements sociaux qui découlent de ses inventions, souvent avec justesse : promotion sociale des femmes (qu'il voit électrices/éligibles, portant le pantalon, fumant, médecins, notaires ou avocates), tourisme de masse, pollution. En 1869, déjà, Robida fait une œuvre d'anticipation avec sa bande dessinée La Guerre au vingtième siècle, campagne de Jujubie, qui décrit la guerre moderne, à base de missiles robotisés et de gaz asphyxiants.

La guerre miasmatique.

Il invente ainsi le téléphonoscope, (ci-dessous) un écran plat mural qui diffuse les dernières informations à toute heure du jour et de la nuit, les dernières pièces de théâtre, des cours et des téléconférences.


04:16 Publié dans Arts et graphisme, Histoire, Science | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : albert robida, illustration, rétrofuturisme |
|
Digg
Instrument rare: l'octobasse
L’octobasse est le plus grand des instruments de la famille du violon. Dépassant la contrebasse, l'octobasse ne possède que trois cordes, accordées ut1, sol1 et ut2. Elle ne descend donc pas, comme on le croit généralement une octave et une tierce plus bas qu'une contrebasse classique ainsi que Berlioz le précise lui-même dans son Grand Traité d'orchestration, mais seulement une tierce plus bas. Le son qu'elle produit est plus puissant.

L'octobasse conservée au musée de la Musique de Paris. La personne (1,65 m) donne l’échelle de l’instrument (hauteur : 3,87 m). Source
Son invention remonte au XIXe siècle, lorsque le luthier Jean-Baptiste Vuillaume la conçut en 1849. Hector Berlioz l'utilisa lors de la création de son Te Deum en 1855 à Paris. Le contrebassiste français Benjamin Berlioz a joué l'octobasse lors d'une reconstitution de ce concert à la fin du XXe siècle.
Des trois exemplaires construits par Jean-Baptiste Vuillaume, l'un se trouve à la Cité de la musique à Paris, un autre à Vienne et le troisième a disparu. Son usage semble exceptionnel.
Pour en jouer, l'instrumentiste doit monter sur un petit escabeau intégré à l’instrument et, du fait de la hauteur du manche, c’est grâce à des leviers et des pédales, et non avec ses mains, qu’il agit sur les cordes. De fait, il est peu discret dans un orchestre.

Le seul contrebassiste jouant régulièrement de l'octobasse est Nicola Moneta. Il a fait construire par le luthier Pierre Bohr un nouvel exemplaire en 1995 qui, à la différence de l'instrument original,et grâce à des cordes moins épaisses, peut descendre une octave et une tierce plus bas que la contrebasse, comme il l'explique sur son site.
Pour vous donner une idée de la sonorité ténébreuse de l'instruement, voici un arrangement de la Folia de Corelli:
03:54 Publié dans Histoire, Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : octobasse, instrument de musique |
|
Digg








