25.09.2009
Les vendredis baroque
Bach - Toccata et Fugue BWV 565
Attention, gros morceau. C'est l'air le plus connu de Bach. Difficile de dire quelque chose d'original sur ces deux pièces qui s'enchainent naturellement. D'abord, il faut savoir que Bach est un organiste fameux, le plus grand de son époque, et reconnu comme tel par ses contemporains. C'est ce qui lui a permis d'obtenir plusieurs postes, il fut appelé en divers endroits pour vérifier la qualité des orgues, et c'est son instrument de prédilection.
Pour Bach, la toccata est un merveilleux moyens de se hasarder aux limites techniques de l'instrument sans s'encombrer du formalisme des autres formats musicaux. La Toccata est sans pareil dans le répertoire de Bach pour les instruments à clavier. Si on ne sait pas exactement quand elle fut créée (entre 1703 et 1707 semble-t-il), on doute également parfois de son authenticité. Peter Williams, spécialiste britannique de l'orgue, a envisagé la possibilité que la Toccata en ré mineur n'ait pas été conçue à l'origine comme une œuvre pour l'orgue, mais serait l'arrangement d'une composition pour violon seul. Cela expliquerait une quantité de singularités, comme l'accumulation de traits et figures spécifiquement violonistiques. En même temps, comme Bach a intensément pratiqué le violon en même temps que l'orgue dans sa jeunesse, ce ne serait pas surprenant. Vous avez une transcription pour violon ci-dessous. De récents travaux musicologiques attribuent aussi l'œuvre à Johann Peter Kellner.
Je ne vais pas me lancer dans des considérations musicologiques approfondies sur la forme de l'œuvre. Bien sûr, je pourrais vous dire que la fugue est entièrement composée de quarts de soupir (des 16èmes de note si vous préférez), mais vous vous en battez certainement l'oeil (comme moi d'ailleurs). Tout ce que je peux dire, c'est que c'est une oeuvre fascinante à tous points de vue, qui me touche particulièrement (je me rappelle du 45 trs d'un certain Jean-Christian Michel quand j'étais petite, enfin, je crois que c'est son nom, on me corrigera à l'occasion) parce que c'est l'un de mes premiers souvenirs musicaux.
Entre la Toccata et la fugue, je préfère la fugue (à partir de 2'35 dans l'extrait ci-dessus, par l'excellent Ton Koopman). Peut-être à cause des harmonies superbes, de l'enchainement rapide des notes, je ne sais pas. J'aime ce morceau épicétout.
04:51 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : vendredis baroque, baroque, bach, toccata, fugue, bwv 565 |
|
Digg
04.09.2009
Les vendredis baroque
Bach - Cantate BWV 72 "Alles nur nach Gottes Willen"
Ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est le chœur d'entrée de la cantate BWV 72, le premier morceau de l'album ci-dessus. Je n'ai pas trouvé le moyen d'incorporer un morceau, alors vous aurez le droit d'écouter la cantate en entier, ainsi que 3 autres en cliquant sur l'album. Je tenais vraiment à mettre cette interprétation par Gardiner, d'où le recours à MusicMe (c'est le premier morceau de l'album). Comme MusicMe foire lamentablement, voici donc le morceau en question, dans une oeuvre cinématographique inédite réalisée par Bibi.
Cette cantate BWV 72 (comme les trois autres de l'album) a été écrite pour le troisième dimanche après l'épiphanie, soit si vous connaissez un tant soit peu votre calendrier liturgique, correspond à la fin janvier, et donnée pour la première fois en 1726. Comme vous pouvez l'imaginer, à ce moment de l'année, il fait plutôt froid à Leipzig, surtout dans les églises, et les cantates de Bach sont donc un peu plus courtes, autant que faire se peut. La cantate en elle-même n'est pas extraordinaire, mais elle reste assez charmante, notamment pour son début.
Or donc, ce morceau d'ouverture qui nous intéresse aujourd'hui est un magnifique exemple de chœur introductif luxuriant, à la fois pour les chanteurs et pour l'orchestre. Les violons mènent la danse, dans un style concertant. Si l'on se penche sur le texte, qui loue la fois aveugle en dieu, on remarque que l'accent est mis sur le "Alles", répété et qui structure vraiment le chœur. Ce "tout" symbolise la soumission totale au dieu chrétien. Le reste n'est qu'accessoire.
édit: Il semble que le lien ne fonctionne pas. Je vais donc devoir faire la vidéo moi-même. Mise à jour ce soir!
édit 2: mis à jour. Ca devrait fonctionner maintenant. A moins que Dailymotion ne décide de me pourrir la vie. Auquel cas je me transforme en géant vert et j'égorge des écureuils avec les dents.
03:28 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
| Tags : bach, vendredis baroque, baroque, bwv 72, cantate |
|
Digg
07.08.2009
Les vendredis baroque
Bach - Cantate BWV 8 " LIebster Gott, wann werd'ich sterben?"
Cette cantate a été présentée pour la première fois le 24 septembre 1724 à Leipzig. Ecoutez moi ce premier choeur de la cantate BWV 8 du génial Bach. La mélodie des deux hautbois d'amour accompagne les autres instruments à corde en pizzicato imitant le son des cloches pour les funérailles. Cette cantate, malgré son apparence joyeuse, est une cantate sur l'imminence de la mort. Son titre signifie "Oh Dieu bien-aimé, quand vais-je mourir?".Le pizzicato, un peu à la manière d'un Vivaldi donne une touche très printanière à cette oeuvre.
Le mouvement initial est l'un des plus impressionnants de toutes les cantates du cycle annuel 1724. L'assise de ce mouvement est assurée comme toujours par la basse continue composée d'instruments à cordes (violoncelle et contrebasse) et de l'orgue. Au dessus se trouvent les premiers et seconds violons et les altos, un groupe qui semble comme refermé sur lui-même du point de vue motivique, superposés par les hautbois d'amour qui jouent en duo et la flûte qui se limite à de rapides répétitions de notes et à des coupures en accord. De plus, le cor ajoute une autre couleur instrumentale en doublant le cantus firmus à la voix de soprano.
Bach associe la seconde moitié du texte (Mein Zeit läuft immer hin) à une image musicale. Sa musique évoque une grande horloge. La basse continue, interrompue par des silences, ne souligne que le début et le milieu de chaque barre de mesure par des notes isolées (jouées pizzicato par les contrebasses), illustrant ainsi l'oscillation lente d'un lourd pendule. Les violons et les altos qui jouent avec des sourdines en staccato, imitent au moyen de leurs motifs sans cesse répétés de trois croches, le tic tac de l'horloge. Les étranges notes répétées rapidement à la flûte reproduisant musicalement le mécanisme mis en marche par l'avancement de l'aiguille des minutes.
Ce premier mouvement est dans une mesure à douze croches, un choix qui n'est pas fortuit mais qui a été plutôt fait pour illustrer le cycle de douze heures qui divise la journée. (Source)
03:22 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : baroque, vendredis baroque, bach, cantate, bwv8 |
|
Digg
17.07.2009
Les vendredis baroque
Rameau - La poule
Voilà un air tout à fait charmant, entraînant et moderne, que l'on trouve dans les Nouvelles Pièces de Clavecin, parues vers 1728. Cette suite s'appelle "La Poule", et vous aurez sans doute compris pourquoi en l'écoutant: on a tout simplement l'impression d'entendre une poule caqueter, picorer, courir deci-delà de façon cocasse; d'ailleurs, l'animation postée ci-dessus l'a bien compris (et vous avez bien de la chance, parce que c'est la seule vidéo que j'ai trouvée de la version clavecin).
Mais, ce n'est pas que cela. "La Poule" est en effet, pour peu qu'on y prête l'oreille, plus dramatique et intense qu'il n'y parait. Oublions le Co co co co dai écrit sous la première ligne de la partition. Les passages tendus alternent avec des passages plus délicats. La course effrenée de la poule transcrite sur le clavecin n'est-elle pas la course de l'homme angoissé?
04:07 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : baroque, vendredis baroque, rameau, clavecin, poule |
|
Digg
03.07.2009
Les vendredis Baroque
Bach - Cantate Herr Gott, dich loben alle wir (BWV 130)
Ah le joli titre que voilà. Je ne vous mets que le choeur, qui est le premier mouvement, parce que c'est ce que j'apprécie le plus dans cette cantate toute joyeuse. Et aussi un petit peu parce que j'ai la flemme d'en faire plus (j'ai déjà du faire la vidéo, je ne vais pas m'en fader 5 autres...
La cantate BWV 130 a sans doute été écrite vers 1740, pour la fête de la Saint Michel. Elle est empreinte de joie et d'exaltation. L'orchestre est assez conséquent (deux violons, altos, violoncelles, flûtes, trois hautbois, trompettes et timbales, le tout renforçant le caractère triomphal de la victoire de Saint Michel sur le dragon.
La ligne mélodique de ce chœur semble être tiré d'un air populaire du 15ème siècle. On en retrouve la première trace dans un psautier genevois en 1551. (source). Quant au texte, il est tiré de l'hymne de Paul Eber Herr Gott, dich Loben alle wir, lui-même calqué sur le Or sus, serviteurs du Seigneur de Louis Bourgeois.
Le texte en lui-même est assez standard:
Herr Gott, dich loben alle wir
Und sollen billig danken dir
Für dein Geschöpf der Engel schon,
Die um dich schwebn um deinen Thron.
Ô Dieu, nous tous nous te louons
Et devons dire merci tous
Pour ta création des anges
Planant tout autour de ton trône
Écoutez-moi ces trompettes! Et la puissance du chœur! Bach a composé cette cantate, et trois autres (BWV 19, BWV 50 et BWV 149) pour la Saint-Michel, qui est l'une des fêtes importantes dans le calendrier luthérien. Ce caractère festif transparait nettement dans ce chœur d'ovuerture (et aussi dans la suite de la cantate, je vous rassure, qui raconte le triomphe de St Michel sur le dragon). Festif, mais aussi un peu militaire à cause des trompettes. Et oui, on combat le dragon tout de même!
03:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
| Tags : vendredis baroque, baroque, bach, cantate, bwv 130 |
|
Digg
26.06.2009
Les vendredis baroques
Bach - Cantate Christ lag in Todesbanden (BWV 4)
Bach écrit cette cantate en 1707. Il a alors 22 ans. Il travaille alors comme organiste à Arnstadt, mais est mécontent de sa situation. Ses employeurs ne le comprennent pas, ses collègues sont incompétents, il veut se marier mais n’en a pas les moyens, bref, au bout de 4 ans, il est temps de chercher un nouveau poste.
Suite à la mort de l’organiste de l’organiste de Saint Blaise, église paroissiale dans la ville de Mühlhausen, on sollicite des candidatures. Bach joua à Pâques (le 24 avril 1707) et il semble qu’il y ait également présenté sa cantate Christ lag in Todes Banden (BWV 4), œuvre magnifique comme vous allez l’entendre, dans le style intime et profond de Buxtehude. D’ailleurs, Bach avait passé plus d’un mois chez Buxtehude à la fin de l’année précédente. Ses concurrents comprirent vite, et se retirèrent, tant et si bien qu’il resta le seul candidat et obtint le poste. À la suite, Bach épousa sa première femme, Maria Barbara, le 10 août 1707, aidé en son installation par un petit héritage d’un oncle de sa mère.
Cette cantate a une histoire un peu compliquée. C’est l’une des premières, si ce n’est la première cantate de Bach, écrite alors qu’il était encore étudiant. Il l’a révisée alors qu’il était en poste à Leipzig (après 1723 donc), et on ne sait pas vraiment ce qu’il reste de la version originale dans la version que nous écoutons.
Le premier mouvement commence délicatement, puis devient très énergique, virevoltant, expressif au possible. C’est la première vidéo de ce post. Admirez les Alléluias à la fin, c’est terriblement entraînant et exaltant. On continue avec le deuxième mouvement, duo entre les sopranes et les altos. Mouvement très délicat comme vous pouvez le constater.
Le troisième mouvement voit la réponse des ténors. Les violons se font aussi vigoureux que ceux de Vivaldi par moments.
Le quatrième mouvement est une merveille. Tout simplement. Écoutez comme les voix se répondent, et, fait plutôt rare, ce sont les altos qui ont la mélodie. Court, mais délicieux.
Le cinquième mouvement est sans doute le plus intime. Cet aria est chanté par les basses, et sa lenteur et sa gravité incitent à la méditation (c’est Pâques rappelez-vous, il faut bien parler un peu du symbole de la mort du Christ).
Le sixième mouvement est un duo entre sopranes et ténors. Il redevient plus gai « So feiern wir das hohe Fest / Mit Herzensfreud und Wonne, / Das uns der Herre scheinen läßt, / Er ist selber die Sonne, » (nous célébrons la grande fête, le cœur empli de joie et de bonheur, que le Seigneur nous envoie, Lui-même est le soleil) (traduction approximative par moi-même).
L'harmonisation dans la chorale du 8ème mouvement démontre une maturité certaine, donc on peut penser que ce mouvement est tardif.
03:39 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : baroque, vendredis baroque, bach, cantate, bwv 4 |
|
Digg
12.06.2009
Les vendredis Baroque
Bach - Cantate BWV 170.1 Aria: Vergnügte Ruh!
Un vendredi baroque tout en douceur et en délicatesse avec ce premier mouvement de la cantate BWV 170 de Bach, interprétée par Andreas Scholl sous la direction de Philippe Herreweghe. La cantate Vergnügte Ruh', beliebte Seelenlust, est ce que l'on appelle une cantate sacrée, et a été écrite pour le 6ème dimanche après la Trinité. Bach l'a composée en 1726 alors qu'il était cantor de l'église luthérienne saint Thomas à Leipzig, poste qu'il allait occuper jusqu'à sa mort en 1750.
Pour la petite histoire, le poste avait été refusé par le Georg Philipp Telemann, et le conseilde la ville avait proposé à au moins 4 autres compositeurs la place. Le Docteur Platz, membre du conseil, révèle dans sa correspondance les raisons du choix qu'ils se résolurent à faire : Pour des raisons importantes, la situation est délicate et puisque l'on ne peut avoir les meilleurs, il faut donc prendre les médiocres. Et Bach fut choisi le 22 avril 1723. Enfin bref...
Voici le texte de la cantate, écrit par Georg Christian Lehms.
Vergnügte Ruh, beliebte Seelenlust,
Repos délicieux, plaisir recherché de l'âme,
Dich kann man nicht bei Höllensünden,
Tu ne peux pas être trouvé parmi les péchés de l'enfer,
Wohl aber Himmelseintracht finden;
Mais plutôt dans la concorde du paradis ;
Du stärkst allein die schwache Brust.
Toi seul renforce le cœur faible.
Drum sollen lauter Tugendgaben
Donc seuls les dons purs de la vertu
In meinem Herzen Wohnung haben.
Auront une place dans mon cœur
La cantate est destinée à être chantée par une voix de haute contre ou alto, accompagnée par un petit orchestre. On est dans l'intime, le modeste, et pourtant, cela donne un résultat fascinant. Le rythme est élégant et destiné à emmener lentement mais sûrement le croyant vers son Paradis. Il s'agit ici d'apaiser la passion intérieure pour atteindre la sérénité, la plénitude.
On recommandera tout particulièrement l'écoute de cet album pour satisfaire vos délicates petites oreilles:

03:25 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : baroque, vendredis baroque, bach, bwv 170, cantate |
|
Digg
29.05.2009
Les vendredis Baroque
Rameau - L'Égyptienne
Bon alors on ne se moque pas, c'est ma première vidéo, vu que je ne trouvais rien sur le net. C'est fait à l'arrache, mais au moins, vous avez la musique. Or donc, de quoi parlons-nous aujourd'hui? Et bien de Rameau, et de son Égyptienne, version sextuor. En effet, à la base, la pièce est écrite pour clavecin seul.La transcription n'est d'ailleurs sans doute pas de lui (trop rigoureux), mais sans doute de Jacques Joseph Marie Decroix (1746-1826), avocat à Lille de son état, et qui a amassé une tonne de documents sur Rameau.
La collection Rameau de Decroix est désormais à la Bibliothèque Nationale de France, et comprend l'unique source des transcriptions pour sextuor. L'Égyptienne est empruntée aux Nouvelles suites de pièces pour Clavecin (1729 ou 1730). L'arrangement suit de près les notes et textures de l'original pour clavecin, ci-dessous:
Au début du 18ème siècle, les suites pour clavecin françaises étaient dominées par des danses comme l'allemande, la sarabande. Puis la mode s'orienta vers des pièces dites de "caractère", d'où l'Égyptienne.
On pense que dans l'Égyptienne, Rameau voulait imiter un violoniste tsigane. Pourquoi pas. Personnellement, je lui trouve un petit air de Vivaldi qui n'est pas pour me déplaire. Et puis bon, Rameau donne souvent des noms étranges à ses compositions, et le goût prononcé de l'époque pour l'exotisme (qu'il exploite d'ailleurs dans les Indes Galantes) font que cette pièce aurait pu s'appeler "L'Indienne", la "Mauresque", ou que sais-je encore. Les légèretés du violon, son rythme enlevé font en effet penser à une musique quelque peu endiablée, mais le tout reste très policé. Et fort plaisant à l'oreille ma foi.
Je vous invite à écouter avec toute l'attention qu'il mérite ce disque des Six concerts en sextuor par Christophe Rousset et les Talents Lyriques, vous tomberez sous le charme:

03:47 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : baroque, vendredis baroque, rameau, egyptienne, sextuor |
|
Digg
22.05.2009
Les vendredis baroque
Porpora: Polifemo - Alto Giove, Air d'Acio
Autant que faire se peut, écoutez cette merveille en haute qualité. Si vous n'êtes pas détendus et béats devant ce morceau, je ne peux rien pour vous...
Commençons par le début: Nicola Antonio Giacinto Porpora (1686 – 1768), était compositeur, pédagogue et maître de chant. Il fut très connu à l'époque, surtout dans le domaine de l'opéra, et se fit connaître dans plusieurs pays d'Europe comme l'un des maîtres de l'opera seria. Il eut notamment pour élèves Joseph Haydn et le castrat Farinelli.
En 1710, lors de la création de son opéra Bérénice, Haendel le félicita, ce qui était fort rare de la part du bougon germain. Cela n'allait pas durer, ils finirent par se haïr. Arrivé à Londres en 1733, il devint compositeur attitré de « Opera of the Nobility », rival de la Royal Academy of Music de Haendel. Des pertes considérables furent enregistrées des deux côtés et Porpora finit par inviter Farinelli, ce qui fit remonter les recettes au bout d'un certain temps. Bon, au final, les deux compagnies mirent la clé sous la porte.
Le pitch de Polifemo est assez bien fait par Frédéric Lodéon, donc je ne vais pas m'étendre sur le sujet. L'Opéra fut représenté au Haymarket Theatre de Londres, occupé donc par l'Opera of the Nobility, le 1er février 1735, devant le roi et la reine, le prince de Galles et les princesses Amelia et Carolina. Carlo Broschi, dit Farinelli, interprétait le rôle d'Aci, Senesino celui d'Ulisse, Francesca Cuzzoni celui de Galatea et Montagnana celui de Polifemo.
Écoutez simplement la lenteur délicate de cet air: la mélancolie de quitter l'être aimé, atténuée par la douceur de la plainte. Faites attention au rythme suggéré par les violons, qui annoncent le courant d'eau qu'est devenu Alcis... Cet air est un bijou.
03:33 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : baroque, vendredis baroque, porpora, polifemo, alto giove, jaroussky |
|
Digg
24.04.2009
Les vendredis baroque
Bach - Agnus Dei de la Messe en si mineur (BWV 232)
Voici un moment de grâce à l'état pur. Il faut dire, Bach et Andreas Scholl, ça ne peut que faire des étincelles. Œuvre pour deux sopranos, un contralto, un ténor, une basse, chœur et orchestre, son écriture s'est étalée sur plus de vingt ans (de 1733 pour le Kyrie et le Gloria à 1749 et après). Il semblerait même qu'il s'agisse de la dernière composition à laquelle ait travaillé Bach.
La messe est essentiellement composée d'un assemblage de diverses pages puisées dans différents ouvrages antérieurs du compositeur et réécrites par lui selon le procédé dit de la parodie : l'Agnus Dei provient ainsi l'oratorio de l'Ascension BWV 11. Seul un tiers de l'œuvre environ consiste en compositions « originales ». La parodie est un processus relativement courant chez Bach, comme d'ailleurs chez maints compositeurs de l'époque, car c'était souvent la seule manière de donner à entendre de nouveau des pièces que leurs auteurs estimaient particulièrement réussies. (source)
La partition n'a été publiée qu'en 1833, et Bach ne l'a donc jamais entendue dans son intégralité.
Cet agnus dei est intimiste, lent et grave, totalement poignant de bout en bout. Sans doute écrit vers la fin de la vie du Cantor, j'aime à croire que ce passage est plus introspectif qu'il n'y parait. Son dépouillement, sa délicatesse, tout concoure à faire de ce passage une oeuvre de maturité et de réflexion.
Voici une seconde version, par Ph. Jaroussky. Le rythme est un peu plus rapide, et sied moins à mon sens à la gravité de cet Agnus Dei. Enfin, ça reste très beau quand même!
04:42 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : baroque, vendredis baroque, bach, messe en si mineur, bwv 232, andreas scholl |
|
Digg




