13.11.2009

Guillaume Duchenne de Boulogne

Guillaume-Benjamin Duchenne, surnommé Duchenne de Boulogne (17 septembre 1806 à Boulogne-sur-Mer - 15 septembre 1875 à Paris), est un médecin neurologiste français. C'est l’un des plus grands cliniciens du XIXe siècle et le fondateur de la neurologie.

Il fait ses études secondaires à Douai, étudie la médecine à Paris et retourne en 1831 dans sa ville natale pour y exercer sa profession. En 1833, il expérimente l'usage thérapeutique de l'électricité sur les pêcheurs. En 1842, il s'établit à Paris où il passe le reste de sa vie à développer les applications cliniques de l'électricité. Médecin sans statut hospitalier officiel, il impressionne par la rigueur de ses expériences, ce qui lui vaut de la part de Jean-Martin Charcot le titre de « maître ».

Duchenne est un pionnier dans l’utilisation de l’électricité comme instrument d'expérimentations physiologiques. L’usage du courant alternatif lui permet de stimuler avec précision un seul faisceau musculaire à la fois. Grâce à cette technique, il décrit plusieurs affections et localise leur origine, comme c’est le cas d’une forme d’atrophie musculaire qui porte aujourd’hui son nom, (la myopathie de Duchenne, et du tabès. Il travaille également sur la poliomyélite, individualise pour la première fois chacun des muscles de la face et inaugure la technique de la biopsie en inventant un instrument permettant de prélever des échantillons de tissu à l'intérieur du corps.

Ses expérimentations électriques lui permettent de conclure qu'un vrai sourire de bonheur est formé non seulement par les muscles buccaux mais aussi par les muscles oculaires. De tels sourires « authentiques » sont nommés « sourires de Duchenne » en son honneur.

Sa grande originalité est d'avoir aussi eu un souci artistique. Photographe, il a méticuleusement recensé toutes les expressions possibles du visage en se servant comme modèle, ou cobaye, d'un homme aux traits paralysés. C'est à l'aide de l'électricité que les expressions étaient obtenues.

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Guillaume Duchenne et son patient.

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Duchenne déclenchant une expression de frayeur par la stimulation électrique.

Sa contribution majeure repose dans le recours à la faradisation localisée: l'usage d'un courant alternatif appliqué à l'aide de rhéophores, avec suffisamment de précision pour ne stimuler qu'un faisceau musculaire à la fois. Ainsi qu'il le précise dans un mémoire de 1847, cette procédure ne doit ni "piquer, ni inciser la peau". Remplaçant le scalpel de l'anatomiste par le courant électrique, usant de l'électricité comme d'un instrument d'investigation physiologique plutôt que comme d'un outil thérapeutique (sa fonction usuelle au début du XIXe siècle), il crée une "anatomie du vivant" et produit des résultats significatifs: l'explication de l'origine de certains troubles musculaires par la localisation au sein du faisceau fibreux, et non pas une lésion neurologique, hypothèse alors couramment admise; la description de l'une de ces affections, une forme d'atrophie musculaire: la myopathie de Duchenne; et, pour la première fois, l'individualisation de chacun des muscles de la face et leur contribution à l'expression du visage. Source

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Stimulation électrique de profil.

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Planche de la Mécanisme de la physionomie humaine de Guillaume-Benjamin Duchenne montrant une série d'expressions faciales déclenchées par des stimulations électriques.

C'est à partir de 1852 que Duchenne devait adjoindre à l'usage de l'électricité celui de la photographie, pour enregistrer, d'abord avec l'aide d'Adrien Tournachon, les résultats de ses faradisations. Publiées en 1862 dans Le Mécanisme de la physionomie humaine, ou analyse électro-physiologique de l'expression des passions, ces images surprenantes furent intégrées à l'éducation des artistes pour corriger les défauts de la représentation des passions, et adaptées par Darwin pour illustrer son ouvrage sur l'expression humaine et animale. Source

Ressources complémentaires

09.11.2009

Rétrofuturisme: La vie électrique d'Albert Robida

Albert Robida, né à Compiègne en 1848 et mort à Neuilly-sur-scène en 1926 est un dessinateur, lithographe, aquafortiste, caricaturiste, journaliste et romancier français.

Fils d'un menuisier, il étudie pour devenir notaire, mais dans l'ennui de telles études, il s'adonne à la caricature. En 1866, il dessine au Journal Amusant puis dans diverses revues. En 1880, avec l'éditeur George Decaux, il fonde sa propre revue, La Caricature, qu'il dirige pendant douze ans et dans laquelle Caran d'Ache, Louis Morin, Ferdinand Bac, Job, Maurice Radiguet (le père de Raymond Radiguet) font leurs débuts. Il illustre des guides touristiques, des ouvrages de vulgarisation historique, des classiques littéraires : Villon, Rabelais, Cervantes, Swift, Shakespeare, Les Cent contes drolatiques d'Honoré de Balzac, les Mille et une nuits. Il fait aussi dans un registre plus léger avec une histoire des maisons closes. Sa renommée s'éclipse quelque temps après la Première Guerre mondiale.

Albert Robida a été redécouvert grâce à sa trilogie d'anticipation :

  • Le Vingtième Siècle (1883)
  • La Guerre au vingtième siècle (1887)
  • Le Vingtième Siècle. La vie électrique (1890).
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Ces ouvrages font de lui un autre Jules Verne, souvent plus audacieux. Contrairement à Jules Verne, il propose des inventions intégrées à la vie courante et non des créations de savants fous. Et chaque fois, il imagine les développements sociaux qui découlent de ses inventions, souvent avec justesse : promotion sociale des femmes (qu'il voit électrices/éligibles, portant le pantalon, fumant, médecins, notaires ou avocates), tourisme de masse, pollution. En 1869, déjà, Robida fait une œuvre d'anticipation avec sa bande dessinée La Guerre au vingtième siècle, campagne de Jujubie, qui décrit la guerre moderne, à base de missiles robotisés et de gaz asphyxiants.

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La guerre miasmatique.

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Un grand choix de gènes possibles pour sa descendance...

Il invente ainsi le téléphonoscope, (ci-dessous) un écran plat mural qui diffuse les dernières informations à toute heure du jour et de la nuit, les dernières pièces de théâtre, des cours et des téléconférences.

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Outre ses qualités de visionnaire, son œuvre L'Horloge des siècles, avec les changements de paradigmes qu'elle présente, annonçait déjà, selon certains de ses critiques, le Philip Kindred Dick du roman À rebrousse-temps.
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Déblaiement de l'ancien monde
Pour télécharger "La vie électrique" et "La guerre au 20ème siècle, allez sur le site Robida.info.

La grippe en perspective

Histoire de remettre les choses en place. Cliquez pour voir en grand.

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06.11.2009

La banque de cerveaux d'Harvard

Plus de 7000 cerveaux y sont conservés, afin d'aider les scientifiques à étudier cet organe. C'est assez fascinant, particulièrement quand on arrive aux processus de conservation (les cuisiniers apprécieront le tour de main du technicien). A 2'11, on vous montre deux cerveaux. Celui de droite est normal, l'autre pas, on voit comment l'organe peut rétrécir quand il est atteint.

Via Unique Daily, le 5 novembre 2009.

29.09.2009

Un animal insolite: le tartigrade

Les tardigrades ou oursons d'eau (de l'allemand kleiner Wasserbär) sont de minuscules animaux multicellulaires. Ils forment un embranchement zoologique à part entière : le phylum tardigrada très proche des arthropodes. L'ourson d'eau est décrit en premier par Johann August Ephraim Goeze en 1773, le nom tardigrade qui signifie « marcheur lent » est donné par Lazzaro Spallanzani en 1777.

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Les tardigrades ont un corps segmenté en quatre, protégé par une cuticule, et sont dotés de huit petites pattes terminées chacune par des griffes. Ils vivent un peu partout sur la planète mais se trouvent en plus grand nombre dans les zones où on trouve de la mousse (comme les forêts et la toundra) car elle constitue, avec le lichen, leur aliment de prédilection. On en retrouve du haut de l'Himalaya (à plus de 6 000 m d'altitude) jusque dans les eaux profondes (par 4 000 m de fond) et des régions polaires à l'équateur.

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Leur durée de vie est de quelques mois seulement. Cependant les tardigrades sont capables de rentrer en cryptobiose, ce qui leur permet de survivre très longtemps. Ils sont également extrêmement résistants aux radiations (Rayons X) - plus de 1 100 fois ce que l'homme peut endurer - et aux produits toxiques. Les mécanismes de protection, détaillés plus bas, leur permettent de survivre dans d'autres conditions extrêmes comme le vide presqu'absolu, mais aussi dans de hautes pressions ou dans un froid extrême (plusieurs jours à -272,8 °C, -458 °F) ou dans de hautes chaleurs (quelques minutes à 150 °C, 302 °F). On dit ainsi qu'ils sont polyextremophiles.

La Cryptobiose : les tardigrades ont la faculté d'entrer dans un état proche de la non-vie, durant lequel l'activité vitale devient presque indécelable en s'abaissant à 0,01 % de la normale. Le record en laboratoire est actuellement de 8 ans dans un état de cryptobiose après lesquels les tardigrades sont revenus à la vie. Pour entrer en cryptobiose, les tardigrades rétractent leurs huit pattes et déshydratent presque complètement leur organisme (perte de plus de 99% de leur eau), remplaçant l'eau à l'intérieur de leurs cellules par un sucre qu'ils synthétisent. Ce sucre se comporte comme une sorte d'antigel et préserve les structures cellulaires. Pour compléter la protection, ils se protègent dans une petite boule de cire microscopique appelée tonnelet. Lors du retour à des conditions dites « normales », l'ourson des eaux redevient actif en une durée qui va de quelques minutes à quelques heures.

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23.09.2009

La médecine du sein

Historiquement, les médecins ont recourru depuis longtemps à l'ablation du sein (mastectomie) en cas de tumeur. Généralement, on procédait à l'opération quand la tumeur était déjà bien visible (et oui, la radiologie n'est que très récente quand on y pense!), comprendre une boule énorme, noirâtre voire suintante à la place du sein.

Celse, le Cicéron de la médecine, proposait l'extirpation précoce du sein quand la tumeur n'est pas trop avancée et recommande la ligature des vaisseaux. Léonide d'Alexandrie (Ier siècle) décrit la rétraction du mamelon comme étant un signe de cancer. Il fait des mastectomies au scalpel en découpant autour du mamelon dans le tissu sain et utilise le cautère pour contrôler l'hémorragie et détruire le tissu cancéreux résiduel. Tout comme Celse, il déconseille la mastectomie pour les lésions avancées. Au VIIe siècle, le Byzantin Paul d'Egine prône en revanche l'intervention de mastectomie quel que soit le stade du cancer du sein, moyennant un régime fortifiant préalable et l'invocation à Sainte Agathe, cette femme martyrisée en Sicile au IIIe siècle par un consul romain qui la condamna à l'ablation des deux seins au moyen d'une grande tenaille incisive portée au rouge… (Source)

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Le chirurgien excise le sein avec le "tenaculum helvetianum", une tenette helvétienne (d'aprèes le médecin Helvetius). On voit les fers destinés à cautériser la plaie en train de chauffer à gauche. La patiente est assise, tenue par deux hommes, et semble s'évanouir (on la comprend). L'homme sur la droite, avec le chapeau, pourrait être le médecin. Image du 17ème siècle. Source
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Fig. 1 : Pincettes ou tenettes dites helvétiennes, proposées par Helvétius pour l'opération du cancer Fig. 2 : Machine pour redresser les enfants bossus Fig. 3 : Base d'un brayer pour les hernies inguinales et de l'ombilic Fig. 4 : Bistouri gastrique Fig. 5 : Bistouri herniaire de M. Le Dran Fig. 6 : Sac herniaire qui contient l'intestin dans une descente Fig. 7 : Brayer ou bandage pour contenir une hernie inguinale. Tiré de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1763. Source.

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Dessin à la plume d'après J. Scultetus, Armamentarium chirurgiae, Lyon 1603. Les diagrammes illustrent la mastectomie et la cautérisation de la plaie. Source.

En 1320, Henri de Mondeville écrit : "Aucun cancer ne guérit, à moins d'être radicalement extirpé tout entier; en effet, si peu qu'il en reste, la malignité augmente dans la racine." Fabricius de Hildanus (1560-1634) semble être le premier à avoir disséqué les ganglions axillaires de patientes atteintes de cancer du sein, mais c'est le Français Le Dran (1685-1770) qui préconise l'excision combinée de la tumeur et des ganglions lymphatiques axillaires. Il souligne le mauvais pronostic du cancer du sein en présence d'une atteinte ganglionnaire. La théorie lymphatique supplante l'antique théorie atrabilaire dans la genèse du cancer du sein, sous l'influence des travaux d'Harvey et de ses continuateurs. Sennert en Allemagne (1572-1637), puis de Houppeville en France, évoquent à tort la possibilité d'une contagiosité du cancer avec les conséquences néfastes que l'on peut imaginer.(Source)
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Illustration d'une femme subissant une mastectomie, avec une vue rapprochée des instruments chirurgicaux, vers 1675. Source.

À la suite de la mort d'Anne d'Autriche (1666), on sait que le cancer du sein peut frapper toutes les femmes sans discernement. Le Napolitain Severino (1580-1656) décrit les tumeurs bénignes et malignes du sein avec leur diagnostic différentiel. Il conseille par ailleurs d'enlever les tumeurs bénignes étant donné le risque de dégénérescence de ce type de lésions.
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Lithographie montrant un instrument servant à l'ablation du sein en cas de cancer, tiré du De Cancro mammarum, 1721. Source.

Enfin, c'est Peyrilhe en France (1735-1804) qui préconise l'excision du muscle grand pectoral en plus des ganglions axillaires. C'est le début de la mastectomie radicale, dont Halsted à la fin du XIXe sera le plus chaud et habile partisan… (Source)
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Portrait tiré d'une série de 6 oeuvres montrant les afflictions subies par des habitants de Leeds. Ms Prince, de Coborough Street, a 40 ans,  et montre le résultat de sa chirurgie mammaire, la plaie étant encore ouverte. 1841. Source.

Comme on peut le constater, le traitement a pu varier au cours des siècles. Les illustrations d'amputation montrent des interventions qui nous semblent barbares, dont on ne peut que partiellement imaginer les douleurs qu'elles pouvaient engendrer. Heureusement que cela a bien évolué depuis...

14.09.2009

Marijuana et autisme

Quand on vous dit que c'est pas si pire (expression du crû), la marijuana... Elle permet à un petit autiste d'avoir une vie à peu près normale. Les médecins ont tout essayé, les médicaments, les thérapies comportementales, rien n'y faisait. Depuis, son appétit est revenu, son comportement s'améliore, bref, un usage raisonnable du cannabis peut avoir des effets positifs.

Via Unique Daily, le 12 septembre 2009.

07.09.2009

Le mercure attaque l'aluminium

Ce que vous voyez, c'est une réaction d'oxydation du mercure versé sur de l'aluminium. En vrai, cela prend deux heures. L'oxyde tombe en poudre au bas de la structure.

Via Bits and Pieces, le 6 septembre 2009.

27.08.2009

Les remèdes d'antan

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Entre 1880 et 1910, l'héroïne était vendue comme un remède moins addictif que la morphine. L'héroïne a été synthétisée pour la première fois en 1874 par le chimiste anglais C.R. Alder Wright mais son potentiel ne sera pas reconnu. Elle est de nouveau synthétisée en 1898 par Heinrich Dreser, un chimiste allemand de l'entreprise pharmaceutique Bayer qui l'exploitera comme médicament pour différentes affections respiratoires dont la tuberculose. On lui donna le nom d'héroïne, du terme allemand heroisch (« héroïque ») car on pensait qu'elle permettrait de soigner l'addiction à la morphine sans induire d'accoutumance, très répandue à l'époque notamment chez les soldats de la guerre de Sécession ou ceux de la guerre de 1870. Ironie du sort, car la morphine elle-même avait été préconisée comme substitut à l'opium. Elle était vendue librement en pharmacie comme pilule antitussive, contre l'asthme, la diarrhée et même comme somnifère pour enfants.

28.07.2009

Le robot qui fait peur

Un serpent-robot. Qui ondule, se faufille, grimpe sur votre jambe... Personnellement, cela me fait un peu flipper.

Via Neatorama, le 27 juillet 2009.

00:05 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : robot | | Digg! Digg

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